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Le cochon bien élevé, mon coup de cœur pub

Pub (2)Un slogan a retenu mon attention dans les étals du supermarché du côté de la charcuterie : Le cochon bien élevé de la marque Brocéliande, marque d’éleveurs regroupés en coopérative dans les Côtes d’Armor.
Ce cochon là est élevé sans antibiotique et sans OGM (ou presque). A l’heure où enfin les Français se demandent ce qu’ils ont dans l’assiette, voilà des arguments qui ne manqueront pas de toucher leur cible.

Mais ce qui a d’abord retenu mon attention est l’oxymore qui sert d’accroche :

Pour rappel, l’oxymore est une figure de style qui lie deux mots dont le sens s’oppose normalement («l’obscure clarté » de Corneille ou le « joli crime » de Rimbaud). Or, les cochons sont doublement mal-élevés:

Quiconque s’est un peu intéressé à l’élevage des porcs en Bretagne sait que, non, « tout n’est pas bon dans le cochon ! » : pollution massive et vie atroce pour les bêtes : promiscuité, mauvaise nourriture, pas d’exercice ni d’air frais, le cochon pousse dans de mauvaises conditions, il est « mal élevé ».
Le cochon est aussi cet animal qui se roule dans la boue, qui n’est jamais propre, d’où l’expression « Sale comme un cochon. ». Il n’est pas policé, civilisé, il ne se lave pas, il a de mauvaises manières, il est « mal élevé ».

Ainsi, cochon s’oppose bien à « bien élevé » : c’est un oxymore construit, de plus, avec un adjectif qui a clairement un double sens et le publicitaire en joue : on imagine un cochon de Béatrix Potter aux bonnes manières et à la vie saine. Ça y est, on a envie de le manger ou du moins, on prend en main l’emballage pour comprendre de quoi il retourne.

« Le cochon bien élevé » est un bon slogan car c’est une bonne accroche (tautologie).

L’accroche est cette jolie idée simple, claire et forte qui attire votre attention et qui se plante dans votre mémoire pour créer le réflexe de reconnaissance et d’achat.

L’idée principale mise en avant est la santé du cochon, donc la nôtre. Tout le monde sait aujourd’hui que les « antibiotiques, ce n’est pas automatique» et que trop d’antibiotiques rendent les bactéries et autres virus résistants. L’argument différenciateur est ici également double : en mangeant ce jambon, non seulement vous mangez sainement, mais en plus, vous participez à l’amélioration de la santé publique en évitant l’augmentation des résistances bactériologiques. C’est dire si ce cochon est bien élevé.

Ainsi, ces quatre petits mots sont porteurs d’une grande promesse exprimée de jolie manière et sont de mon point de vue une vraie réussite publicitaire.

Si en plus, le jambon est bon et la promesse tenue, les végétariens n’ont qu’à bien se tenir !

Author

Responsable de développement de projets pendant plus de dix ans, j'ai très vite compris que les petites structures devaient communiquer comme les grandes. Mais, comment se faire connaître et faire parler de soi avec des petits budgets? C'est avec créativité et rigueur que j'ai mené à bien mes actions de communication, avec succès. J'ai donc décidé d'en faire mon métier. Ainsi, depuis 2008, j'accompagne les entreprises et les associations, à travers le conseil, la formation et la rédaction.